L'attachement dans la relation amoureuse

Je ne suis pas très productive sur Instagram, mais j'y suis des pages passionnantes, et inspirantes. Des comptes de personnes qui donnent de l'espoir en démontrant une conscience claire des problématiques que nous rencontrons de nos jours, et qui savent poser les mots pour apporter des clés concrètes. Parmi ces comptes, il y a celui de @Guillaumefroun, qui est également à l'origine de la page @tubandes, acteur majeur de la masculinité consciente sur la toile.


Il y a quelques jours, Guillaume a partagé un petit tableau que j'ai trouvé particulièrement pertinent, et que l'on peut relier à un sujet sur lequel je travaille beaucoup : les relations toxiques. Ce petit tableau met en comparaison l'attachement, et l'amour.


Tout d'abord, mettons de la clarté sur l'attachement. A la base, il est question de ce lien d'attachement essentiel à la construction psychique et émotionnelle de l'enfant. Boris Cyrulnik met en avant que ce lien est avant tout biologique, et précoce, et qu'il conditionne sur différents plans la structure de notre personnalité et notre rapport à la réalité. Si vous souhaitez approfondir le sujet, et je vous invite chaleureusement à le faire, vous trouverez sur le lien suivant une conférence de B. Cyrulnik sur le sujet, qui sait rendre accessible à tous le fruit de ses recherches.


http://etats-d-esprit.com/videos/boris-cyrulnik-la-biologie-de-l-attachement/201


Ce lien d'attachement précoce permet, entre autre, de créer chez l'enfant un sentiment de sécurité intérieure et de confiance en soi. Il se joue principalement entre l'enfant et ce que l'on appelle ses "figures d'attachement" : sa mère, son père, la ou les personne avec qui l'enfant crée ses premiers liens quotidiens. Les neurosciences démontrent que déjà pendant la grossesse, le lien d'attachement se crée biologiquement avec la mère.


Ce qu'il faut comprendre de tout cela, c'est que lorsque le lien d'attachement ne peut se construire sainement, l'une des conséquences se joue sur notre relation à l'autre à l'âge adulte. Les relations amoureuses sont un terreau fertile pour revivre et reproduire les blessures et manques de notre enfance. Lorsque l'on n'a pas été suffisamment sécurisé dans notre toute jeune enfance, on amène ce manque dans nos relations, en étant en perpétuel recherche de sécurité auprès de l'autre, alors que ce lien aurait dû nous permettre, à la base, de trouver cette sécurité en soi dans la fusion avec la mère tout d'abord, puis dans la construction de son propre rapport au monde.


Je mets un énorme bémol ici : il n'est pas question ici de flageller et de culpabiliser nos parents. La prise de conscience de nos blessures d'enfance soulève évidemment des émotions, qu'il nous faut accepter et libérer. C'est un travail en soi. Je ne souhaite cependant pas ici alimenter la victimisation ni les conflits des dérives psychanalytiques.


Ce qui se joue se traduit par ce que l'on nomme la "dépendance affective". C'est un schéma que nous retrouvons chez les personnes qui souffrent de relations toxiques incluant manipulation et emprise. La dépendance affective se manifeste par un attachement excessif à l'autre, et des croyances telles que l'on peut lire sur ce tableau :


Ce qu'exprime cet attachement par la dépendance affective, c'est l'incapacité que nous éprouvons de trouver en soi sécurité, amour, soin... C'est la croyance que mon bonheur est conditionné aux actes de mon/ma partenaire, donc à l'extérieur de moi. Je vous propose d'écouter Isabelle Padovani, qui nous offre une approche vraiment intéressante, claire et concrète de la dépendance affective, et qui nous donne des clés pour comment s'en libérer :



La dépendance affective et à travers elle l'attachement sont ce qui nous conduit à des relations qui vont nous être évidemment toxiques, et qui vont aussi nous rendre toxiques pour l'autre. Et quand l'autre se trouve être une personnalité à structure narcissique ou perverse, la relation devient bien plus que toxique, elle devient destructrice. Car ce besoin d'attachement va permettre l'emprise : nous devenons alors le terrain de jeu parfait pour la manipulation, la peur d'être seul(e), abandonné(e), nous fait nous perdre dans ces jeux ravageurs au service des schémas pathologiques de l'autre. Et, bien évidemment, mettre fin à la relation, quand bien même nous souffrons, est extrêmement difficile, une fois que l'emprise est bien installée.


La vie étant faite de cycles, tant que nous ne mettons pas le doigt sur cette problématique de dépendance affective et d'attachement, le risque est de reproduire systématiquement le même type de relations. Il est donc essentiel, pour ne pas dire vital, de mettre ce schéma en conscience, et de pouvoir le libérer. Nous avons tous besoin de relations saines et nourrissantes, et le chemin vers cela n'est pas souvent un long fleuve tranquille. Le premier pas, c'est de l'accepter. Ensuite, le travail peut commencer.



Vanessa Biguet - UNALOME

Thérapeute en accompagnement intuitif

unalome.vanessa@gmail.com

06 72 78 66 20




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