Le corps léger

Mis à jour : 30 oct. 2019


Série de textes inspirés par les photos de Batu, sur le thème de l’eau.

L’eau est ce qui lie et relie, c’est l’élément de la relation, de l’intuition, des ressentis.

Exposition photos et textes au Restaurant bio et vegan Toutes les Couleurs, à Lyon.


© Batu

Le corps léger, je m’abandonne

À la vie


Mon corps, ma membrane. Un contour. Un dessin. Une limite.

J’y expérimente différentes nuances de sensations, palette des sens.

Temple de la vie, autel de la mort.


C’est une lutte intérieure, une lutte cérébrale, façonnée par les attentes, les croyances, les ambitions. Une lutte orchestrée par l’ego, estime de soi cloisonnée. L’oubli de l’unité, mon âme, mon corps et mon esprit ne font qu’un, et pourtant mon esprit se pose comme observateur, juge et bourreau. Trop rond, trop marqué, trop sec, trop maigre, trop fin. Ou… Pas assez rond, pas assez marqué, pas assez sec, pas assez maigre, pas assez fin. Ça dépend des blessures, de l’âme.


Plus je sentais mon corps comme un poids, plus il prenait de poids. Chaque mouvement comme un effort, une douleur, un grincement. La certitude de mille limites qu’il me posait. Chaque regard vécu comme une potentielle sentence, de ma non beauté, de ma non féminité, de ma non sensualité.


Et puis le pire : le déni. Un déni organisé. Je me persuade que mon corps n’est pas ce qu’il est, je me camoufle dans mes tissus, je dis que bien sûr, j’ai des « défauts », mais je m’aime, ça ne m’empêche pas de me sentir femme, de me sentir belle. Je me convaincs, je les convaincs. Je remets en place discrètement mes tissus, pour cacher l’épaisseur. Je pense sans cesse à comment me tenir, comment marcher, comment m’asseoir, pour cacher. Je guette dans l’œil de l’autre un regard sur mes courbes. C’est lourd, tellement lourd, cette attention constante.


Puis.


J’ai fait ce choix : la vie ne doit pas être un amas de douleurs, de tensions, d’inquiétudes. J’ai fait ce choix de me choisir, de revenir à moi, en moi.


Mon corps est un messager, un canal, un vaisseau. Il me porte et me transporte, me vibre et me montre. Il est eau, fluide canot, réceptacle et émetteur.


Dans la conscience de mes énergies, je me relie dans la fluidité aquatique et éthérique, dans l’unité tripartite. Mon âme, mon esprit, mon corps ne font qu’un. Je ressens l’information comme je la comprends par la raison. J’entends mon cœur qui me montre et me guide par sa vibration. Le tremblement viscéral me mène vers un nouvel équilibre, encore et toujours. La lourdeur est devenue légèreté vaporeuse. Je fais un avec mon tout, présente en moi et au monde.


Amour, guide universel vers l’unité.


La peau, l’odeur, le rugueux, devenus plaisir des sens et essence de vie. Plénitude d’être soi. Des mouvements devenus simples, légers, fluides tel un ruisseau.


L’Amour n’est pas courbes et formes normées, couleurs castées, consistance contrôlée. Aimer c’est se relier, dans l’unité. Mon âme se relie à ton âme, mon esprit se relie à ton esprit, mon corps se relie à ton corps. Nouvelle non-dualité, nouvelle Unité.


Donc, les codes changent. Libération, expansion.


Mon ventre rond est le Mont de Vénus, ayant accueilli et donné la Vie. Mes hanches sont le berceau généreux de la maternité, ou le mouvement de la féminité dansante. Des cuisses charnelles, des seins libres, des mains caressantes. Un corps aimant et aimé.


Le plaisir de la nudité, de sa liberté. Peau à peau. Des ébats beaux, sans contrainte. Rire et voir la beauté. Ressentir le lien, au-delà du corps mais par le corps.


Vivre libre et léger, d’aimer et de s’aimer. Quel que soit ce corps.


Mon corps est mon temple sacré, bain d’Amour vers la pureté.




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