Ôde à l'ambivalence

Mis à jour : févr. 22

& Nostalgie


On a beau dire, les dates anniversaires comptent quand elles nous renvoient à nos souvenirs... Regrets, remords, nostalgie. Tant d'émotions face à l'impuissance de ce temps qui passe et de la liberté de chacun de suivre son propre chemin, loin du sien.


A l'approche de l'anniversaire d'un de ceux qui comptent, une synchronicité avec un texte qui me revient et me renvoie au jour où cette photo a été prise.


Une confluence artistique inspirée par la tendresse, les rêves et l'imagination.


What I believe


I believe in the power of imagination to remake the world, to hold back the night, to charm motorways, to ingratiate ourselves with birds, to enlist the confidences of madmen.

I believe in my own obsessions in the beauty of the car crash, in the peace of the submerged forest, in the excitements of deserted holiday beach, in the elegance of automobile graveyards, in the mystery of multi-storey car parks. In the poetry of abandoned hotels.

I believe in the genital organs of great men and women, in the postures of President Kennedy, Margaret Thatcher and Princess Di. In the sweet odours emanating from their lips as they regard the cameras of the world.

I believe in madness, in the truth of the inexplicable, in the common sense of stones, in the lunacy of flowers.

I believe in nothing.

Anxiety. Psychosis. And despair.

I believe in the perversions, in the infatuations with trees, princesses, prime ministers, derelict filling stations (more beautiful than the Taj Mahal), clouds and birds.

I believe in the death of the emotions and the triumph of the imagination.

I believe all excuses, reasons, halluciations, anger, mythologies, memories, lies, fantasies, evasions.

I believe in the mystery and melancholy of a hand, in the kindness of trees, in the wisdom of light…

I believe.


J.-G. Ballard


Ce en quoi je crois


Je crois au pouvoir de l'imagination pour refaire le monde, pour retenir la nuit, pour séduire les autoroutes, pour s'attirer les faveurs des oiseaux, pour assurer la confiance des fous.

Je crois en ma propre obsession de la beauté de l'accident de voiture, de la paix de la forêt immergée, de l'enthousiasme d'une plage de vacances désertée, de l'élégance du cimetière d'automobiles, du mystère des multiples anecdotes des parkings. De la poésie des hôtels abandonnés.

Je crois aux organes génitaux des grands hommes et des grandes femmes, en l'attitude du Président Kennedy, de Margaret Thatcher et de la Princesse Di. Aux douces odeurs émanant de leurs lèvres alors qu'ils observent le monde à travers les caméras.

Je crois en la folie, en la vérité de l'inexplicable, au sens commun des pierres, en la démence des fleurs.

Je ne crois en rien.

Anxiété. Psychose. Et désespoir.

Je crois aux perversions, aux passions passagères pour les arbres, princesses, premiers ministres, stations-services abandonnées (plus belles que le Taj Mahal), nuages et oiseaux.

Je crois en la mort des émotions et au triomphe de l'imagination.

Je crois toutes les excuses, raisons, hallucinations, colères, mythologies, souvenirs, mensonges, fantasmes, évasions.

Je crois au mystère et à la mélancolie d'une main, en la gentillesse des arbres, en la sagesse de la lumière...

Je crois.


J.-G. Ballard


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